L’empathie dans le processus psychothérapique : agent, moyen ou condition ? (2016)

Le terme empathie semble être compris par tous. Or ce concept est au carrefour de la recherche en neurosciences cognitives, de la psychologie du développement, de la clinique psychopathologique et de la pratique psychothérapique. Il a fait l’objet d’une renaissance dans les neurosciences et en psychopathologie, les deux intérêts se croisant avec des perspectives distinctes. Mécanisme de communication ou de partage interindividuel (de représentations, d’intentions, de pensées, d’émotions), il est une capacitéde se mettre à la place de l’autre, dans sa subjectivité mais aussi dans son corps. Contrainte biologique, l’empathie est aussi inconsciente, obligatoire et mécanique, et ce sont ses effets qui nous sont accessibles. Après une reconstitution heuristique du concept, je propose un prolongement des réflexions psychanalytiques en définissant l’empathie comme un mécanisme actif au sein de deux interlocuteurs » ; elle permet par l’auto-empathie la connaissance de soi comme de l’autre ; elle est modulée jusqu’à la désempathie ; elle est le moteur de la transformation réciproque et donc de l’intersubjectivité. Ainsi, la psychopathologie serait un échec de cette transformation intersubjective de l’individu psychique avec l’autre, et la psychothérapie une relance de cette fonction. Mots-clés : empathie, définition, neurosciences, psychanalyse, psychothérapie, intersubjectivité, histoire.

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