La torture de masse. Le cas de l’ex-Yougoslavie (2006)

Ce n’est qu’après 13 ans d’attente que je me suis mise en demeure de relater les horreurs perpétrées en Bosnie durant les années de guerre civile (1992-1993) et ainsi honorer la promesse que j’ai faite à ces adolescents et à ces hommes de relayer le témoignage de leurs souffrances. Comme le relève Françoise Sironi dans son ouvrage « Victimes et bourreaux », les récits traumatiques sont constitués de paroles « actives » et « agissantes ». Celles-ci ont la capacité de transmettre à celui qui les écoute de fortes émotions telles que l’angoisse, la tristesse, la colère, l’humiliation, etc. Or, « la torture fait taire. Elle fait taire victime et bourreaux dans un même silence »1. Un silence qui nimbe pareillement familles, thérapeutes et tous ceux qui recueillent les confidences des âmes torturées. Le silence de la torture est contagieux et se propage comme une onde, entraînant une réaction en chaîne. Un silence qu’il faut briser par devoir de mémoire.

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