Immigrés et descendants d’immigrés face à la santé (2013)

En France, la santé des immigrés a émergé comme objet de recherche démographique dans les années 1990 sous l’angle de travaux pionniers sur les disparités de mortalité entre la population de nationalité française et la population étrangère (Khlat, Courbage, 1995a et 1995b) et sur les disparités en matière de morbidité (Mizrahi, A et Mizrahi, A, 1993 et 2000, hlat, Sermet, Laurier, 1998). Toutefois, en raison de la nature des données alors disponibles, ces travaux ne permettaient pas d’établir un panorama global de la santé de l’ensemble des immigrés, car les enquêtes produites par la statistique publique à cette époque ne permettaient pas de connaître l’origine des immigrés qui avaient acquis la nationalité française1, à savoir le pays et la nationalité de naissance. Ces travaux concluaient à un meilleur état de santé des personnes migrantes. Dans le même temps, des études menées par des associations de médecins (Médecins du Monde, Médecins sans frontières, Remede, Migrants contre le sida) à partir de leur activité auprès de populations particulières de migrants (réfugiés, sans-papiers, populations consultant des centres gratuits de santé,…) faisaient état de la très grande vulnérabilité sociale de certains migrants et de la forte dégradation de leur santé, sans que des données statistiques auprès de l’ensemble des migrants puissent être établies pour conforter ces constats. Ces études faisaient état de pathologies très présentes chez certains migrants, comme le saturnisme, la tuberculose et le VIH-sida (Fassin, 1998).

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