Écoles de réfugiés ou intégration dans les écoles locales ? Le parcours des réfugiés libériens en Côte d'Ivoire (1992-2007) (2010)

Au cours des premières années qui suivent un déplacement forcé de populations, les agences internationales investies dans le champ de l’éducation tendent à favoriser l’utilisation du programme d’enseignement du pays d’origine dans les projets éducatifs qu’ils mettent en oeuvre pour les réfugiés. En général, c’est le Haut-commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) qui soutient ainsi la mise en place d’écoles de réfugiés et qui assure la scolarisation des enfants déplacés, au moins jusqu’au primaire. Le choix de favoriser des systèmes éducatifs parallèles à l’offre éducative locale est en grande partie fondé sur l’hypothèse que favoriser l’intégration des réfugiés dans les écoles du pays d’accueil pourrait freiner le retour des réfugiés dans leur pays d’origine. De fait, depuis la fin des années 1980, la politique éducative « humanitaire » est intimement liée à la politique de rapatriement privilégiée par les bailleurs de fonds, le HCR et les pays hôtes, et est même institutionnalisée dans certains modes opératoires. La pertinence de ces politiques reste cependant à démontrer étant donné que plusieurs études ont signalé que postuler un lien quelconque entre politique éducative et politique de rapatriement manquait de base empirique solide (Bird, 2003 ; Buckland, 2006 ; Sinclair, 2002).

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