Autonomie indienne et éducation au Chiapas. Les écoles des terres récupérées par les paysans mayas du Sud-est mexicain (2010)

Dans le contexte de la résistance à la guerre d’usure qu’opposent les régions zapatistes au gouvernement mexicain, les familles de paysans mayas, comme les tseltales d’Ocosingo, sont confrontées à une offre éducative hétérogène et inégale, imposée et quelques fois négociée avec l’État, mais aussi endogène et autoadministrée dans le cas des zapatistes. Depuis le milieu des années 1990 au Sud-est du pays, les paysans mayas qui forment les bases d’appui de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) de la région agricole des vallées de la Forêt Lacandone construisent des pratiques éducatives alternatives aux institutions scolaires officielles (Baronnet, 2009). Tant au niveau communautaire que municipal, les familles indiennes et leurs représentants directs se responsabilisent de la gestion des écoles bilingues, voire trilingues quand des familles tseltales cohabitent avec des tsotsiles ou des choles. Au quotidien, cela leur permet de contrôler les critères d’orientation et d’évaluation de ce qui semble pertinent d’apprendre et d’étudier dans les régions autonomes zapatistes nommées Caracoles (Escargots) depuis leur réorganisation décidée en 2003 par l’EZLN en vue d’approfondir son projet radical d’autonomie politique. Dans une certaine mesure, la prise de contrôle politique de l’éducation par les Indiens rebelles remet en question la capacité de l’État à répondre aux demandes d’autonomie (…)

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